Fever

Contre le nouveau « Paquetazo » de ce gouvernement d’exploiteurs et d’assassins

Déclenchons une nouvelle révolte prolétarienne

Par: Quelques prolétaires énervés de la région équatorienne
Pour la révolution communiste et anarchiste mondiale
Quito, 25 mai 2020

Le dernier « Paquetazo » du gouvernement est déjà une réalité dans ce pays : réduction des salaires et du prix de la journée de travail, licenciements massifs, coupe des budgets d’éducation et de santé publique, privatisations, augmentation du prix des carburants et en fin de compte, de tous les produits basiques. Tout ça au beau milieu de l’actuelle crise sanitaire et économique. Par conséquence, les gens modestes (la majorité de la population) qui n’ont rien à manger s’ils ne travaillent pas devraient se soulever comme ils l’ont fait en octobre dernier. Oui, il nous faut déclencher une nouvelle révolte, les gens, parce que ces mesures sont encore pires que celles d’octobre. Ils nous précarisent et nous appauvrissent encore plus que ce que nous le sommes déjà pendant que les patrons et leurs politicards continuent d’accumuler encore plus de richesses et de pouvoir en nous exploitant et en nous dominant. Autrement dit, en nous volant, en nous trompant et en nous réprimant.

Pire encore, tout ce qu’a fait ce pouvoir patronal, mafieux et assassin de Moreno- Sonnenholzner-Martínez-Roldán-Romo-Jarrín pendant ces derniers mois a été de profiter de la pandémie et de la quarantaine obligée est encore plus dégueulasse et condamnable que ce qu’il a fait en octobre : des milliers de contaminés, de morts, de prisonniers et de chômeurs. Pour cette raison, ces dernières semaines, notre classe de travailleurs (qui comprend le secteur informel et les chômeurs) a déjà réagi en descendant dans les rues, malgré le coronavirus et la dictature sanitaire décrétée par l’État. Et le plus probable est que ça continue dans les prochains jours et semaines, comme c’est souhaitable. Mais on ne peut dire jusqu’où et jusqu’à quand.

Si une nouvelle révolte éclate dans le pays, il est fort possible que, comme en octobre, on a lutté pour l’abrogation du décret loi 883, ce coup là, on se batte pour l’abrogation des décrets 1053 et 1054. Toutes les organisations de gauche locales, ou la majorité d’entre elles, seront d’accord là-dessus. Et pourtant… Cette fois il n’y a aucune raison de nous contenter de miettes légales ou institutionnelles, les gars. Même si ce fut et ce serait une sérieuse défaite, nous n’avons aucune raison de nous battre contre « l’inconstitutionnalité » de telle ou telle loi ou de perdre du temps avec des élections présidentielles ou un quelconque gouvernement « ouvrier, paysan, indigène et populaire » comme le réclament les organisations à la gauche du capital. Parce que les lois, les élections et les institutions sont les armes de l’État, des riches et des puissants dirigées contre nous, les exploités et opprimés. On ne peut combattre et détruire ce système sur son terrain avec ses propres armes. Ce ne serait que « donner plus de pouvoir au pouvoir ». Bien au contraire, il faut faire exister ces slogans qu’on a entendu dans les dernières manifestations : « par la force des travailleurs, briser les lois des exploiteurs » et briser tout leur pouvoir économique, militaire, politique, médiatique et idéologique.

Les révoltes prolétaires doivent se critiquer elles-même, apprendre de leurs erreurs, mettre à jour et dépasser leurs propres contradictions pour ne pas se retrouver piégées sur le terrain de la classe d’exploiteurs et de dominants mais bien rompre l’ordre établi et se transformer en révolution sociale , aujourd’hui plus nécessaire et urgente que jamais vu la crise actuelle d’un système capitaliste qui détruit l’humanité et la nature. Une révolution sociale non pour mettre au pouvoir un quelconque parti politique de gauche mais pour défendre et régénérer la vie elle-même qui est aujourd’hui en péril.

Il est clair que pour y parvenir, il faut bien commencer à lutter pour des revendications minimum (de travail, de santé, d’éducation, de temps libre) et avec un minimum d’auto-organisation collective (de biosécurité, d’alimentation, de transport, de communication et d’autodéfense). Mais il faut aller bien au-delà : dépasser les limites de la révolte. En fin de compte, la révolution n’est autre que la généralisation et la radicalisation de toutes ces revendications ou nécessités des exploités et opprimés qui cessent alors de l’être. Et l’organisation n’est que l’organisation des tâches exigées par la lutte de classes pour abolir cette société de classes. Pour lesquelles le soutien mutuel et la solidarité ont toujours été et seront nos meilleures armes.

Alors si on descend dans les rues malgré le risque de contagion, le couvre-feu et les menaces de répression légale du gouvernement, que ce ne soit pas que par colère, famine, désespoir et avec la révolte d’octobre (qui a été légitime et valide) en mémoire.
Sortons dans les rues avec quelques idées claires et auto-critiques, les gens : ne luttons plus pour ces miettes démocratiques de l’État et les riches appelées « nos droits », ni comme la chair à canon d’aucun parti ou syndicat de gauche qui prétend être notre « leader et sauveur ». Luttons avec la tête et les mains propres comme ceux qui ne sont rien et veulent tout. Parce que nous, gens de rien, autrement dit prolétaires, avons produit tout ce qui existe et, de ce fait, pouvons détruire tout cela (nous n’avons pas peur des ruines) pour pouvoir créer quelque chose de complètement neuf, sans qu’il soit besoin de chefs, de représentants ou d’intermédiaires.

Tout ça n’est pas une question d’idéologie politique, c’est une question de vie ou de mort au temps de la crise économique, sanitaire, écologique et de civilisation. Tôt ou tard, même les « apolitiques » et autres « neutres » qui s’imaginent de la « classe moyenne » descendront dans les rues pour ces raisons même. Tout ce qui a été dit ici ne s’applique pas qu’à l’Équateur et à la conjoncture locale mais au monde entier, de la Chine au Chili. Voilà pourquoi cet appel à déclencher une révolte prolétarienne sans retour en arrière ici et partout ailleurs.

À bas le Paquetazo, le gouvernement, le capital et l’État !

On se battra pas pour des miettes ou un accord !

On se battra sans chefs, représentants ou intermédiaires !

Contre l’exploitation et la mort, allons vers la vie !

La révolution c’est la vie !

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