Fever

Des interviews de travailleurs sous covid-19 Pourquoi ?

Par le collectif classe, première publication sur le site du collectif.

Voici le texte que nous, le collectif CLASSE, avons écrit pour présenter le cadre général avec lequel nous organisons des entretiens avec des travailleurs, en France. Nous publions régulièrement ces entretiens sur le site FEVER, en particulier quand ils apportent des informations importantes sur la situation globale des travailleurs. Nous espérons que cette initiative en inspirera d’autres.

Depuis le début de l’année 2020, des mesures de confinement affectent une partie toujours plus importante des habitants de cette planète. Ces mesures font suite à la pandémie du Covid-19, du nom bureaucratisé du virus qui, de la Chine continentale, s’est répandu comme une trainée de poudre aux quatre coins du monde. Une efficacité à faire pâlir les différentes explosions sociales qui ont précédé de peu l’irruption, sur la scène mondiale, du joug de la couronne infectieuse.
Ces mesures de confinement affectent bien sûr inégalement les personnes, en fonction de leur travail, de leur sexe, de leur logement, de leur système d’assurance médicale, de leur salaire, de leur compte en banque, bref, de leur classe …
Le moteur du système capitaliste s’établit sur une séparation simple : Ceux et celles dont le rôle est de produire des marchandises sont séparés des moyens de production qui permettent de les produire. C’est la propriété privée des moyens de production, une propriété qui revient à la classe capitaliste qui peut grâce à elle, exploiter à son besoin la classe des producteurs, les prolétaires, avec le concours de l’Etat, comme membre de la classe capitaliste et également maître du jeu. La production de ces marchandises n’obéit qu’à la loi du profit et nous sommes contraints de constater que cette loi ne s’évanouit pas dans l’urgence de la pandémie qui nous frappe. Bien au contraire.
Si nous avons décidé avec le collectif Classe de nous concentrer pour le moment sur des récits de travailleurs et de travailleuses encore actifs malgré le confinement, c’est parce que nous pensons que la catastrophe sanitaire comme le gouvernement nous la présente est en réalité une catastrophe sociale où les prolétaires sont jetés en première ligne pour combattre l’épidémie et produire les marchandises nécessaires à l’équilibre du système. C’est sur cette première ligne que l’Etat compte quand il parle d’immunité collective. Dans ces moments où l’urgence nous fait fermer notre clapet, où l’éthique nous écrase de toute sa splendeur bourgeoise, nous pensons qu’il est important de mettre en lumière la stratégie de la classe capitaliste. L’état d’urgence sanitaire tel qu’il se profile en France comme ailleurs est une modalité particulièrement violente de l’exploitation, avec la suppression calibrée des droits, des recours, des capacités d’action et d’auto-défense des prolétaires, bien au-delà de la seule sphère du travail.
Bien sûr, il n’y a pas que ceux qui travaillent. Il y a ceux qui n’ont plus de travail dont l’horizon se noircit à mesure que les factures s’accumulent, il y a ceux qui sont en prison pour lesquels l’expression « comme des chiens en cage » n’a plus rien d’une métaphore, il y a les vieux pour lesquels on ne donne pas cher de leur peau en haut lieu, il y a des millions de situations toutes générées dans des conditions spécifiques, celles d’une lutte des classes.
Au travers d’interviews, nous souhaitons modestement contribuer à la nécessaire coordination des luttes en cours et à venir face au tour de force de l’Etat et des capitalistes, un tour de force qui promet, plus qu’un simple passage anecdotique, une exploitation accrue de notre classe.
Dès aujourd’hui, il est nécessaire de diffuser le plus largement possible nos paroles, nos témoignages, nos expériences de lutte, pour qu’elles se répondent de part en part, au-delà des océans qui nous séparent.
Etant donné les prévisibles et rapides attaques gouvernementales et patronales de nos conditions de vie et de travail nous essaierons autant que possible d’effectuer un suivi de ces interviews. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez qu’on rapporte ici votre parole sur classe[arobase]riseup.net !

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